Des moyens exceptionnels
Aucun témoignage ne venait corroborer les explications fournies par la mère d'Antoine, personne n'affirmant avoir vu le garçon depuis le 2 septembre. "Nous n'avons aucun témoignage crédible de personnes ayant vu l'enfant depuis le jour de la rentrée des classes", se lamentait ainsi dimanche le procureur de la République. Mercredi, un troisième témoignage est venu s'ajouter à deux autres, qui affirmaient avoir aperçu le garçonnet, seul, le 2 septembre vers 23 heures et le 3 dans l'après-midi. Mais entre le 6 et le 11 septembre, personne, a part la mère et son concubin, n'a vu Antoine.
Sur la base des affirmations de la mère, la thèse de la fugue avait dans un premier temps été privilégiée, et un hélicoptère doté d'une caméra thermique envoyé à la recherche d'Antoine. Le petit fugitif présumé restant introuvable jusque dans les gares, le dispositif a été renforcé et la cellule d'enquête augmentée d'une quarantaine de gendarmes, qui font depuis mardi du porte à porte, à la recherche de témoignages. Les équipes cynophiles, elles, fouillent les caves, pendant que deux plongeurs supplémentaires participent à l'exploration des bassins, trous d'eau et gravières des environs. Mercredi, quatre spéléologues ont même été appelés en renfort afin de sonder les souterrains de la ville, dans lesquels le jeune garçon aurait pu s'égarer.
"Nous fermons des portes"
Les enquêteurs ne disposent pas plus de témoignages fiables que d'indices matériels. Les recherches s'étaient concentrées mardi sur le proche entourage d'Antoine: sa mère, son compagnon et le propriétaire du restaurant où la jeune femme travaillait. Mercredi après-midi, les gendarmes ont mené une nouvelle perquisition dans l'appartement et dans la cave du concubin de la mère d'Antoine. Samedi dernier déjà, des perquisitions avaient été menées, des ordinateurs et des papiers personnels saisis au domicile du propriétaire du restaurant le "Bon Croûton", considéré comme un "proche". Sans résultat. Des démarches nécessaires selon le procureur: "Si pour certains, il est désagréable d'être à nouveau entendus ou de subir de nouvelles perquisitions, c'est l'assurance pour eux que nous fermons des portes et à terme d'une éventuelle mise hors de cause", a ainsi précisé mardi soir le procureur de la République de Clermont-Ferrand.
Jeudi, un nouveau témoignage est venu s'ajouter. Il s'agit de celui d'une jeune fille de 16 ans, baby sitter occasionnelle de l'enfant, qui a rendu visite aux parents d'Antoine le 8 septembre. Elle aurait remarqué que le garçonnet était absent du domicile familial, et a selon ses dires été menacée par le compagnon de la mère d'Antoine. Un témoignage qui "n'apporte pas grand chose" selon le lieutenant-colonel Palayer: il "n'est pas neutre, il n'est pas inintéressant mais il n'y a pas d'élément déclencheur qui va permettre de résoudre l'enquête". L'inquiétude, elle, continue d'augmenter au fil des jours. Si le témoignage apporte un élément nouveau, Antoine reste introuvable, et l'incertitude la plus complète plane toujours sur les conditions et les motifs de cette disparition. Pas de quoi rendre le procureur optimiste. Jean-Yves Coquillat annonçait mardi soir que, sauf "coup de chance", il n'attendait pas "d'avancées dans les prochains jours". Pour mener cette enquête "longue et difficile", le magistrat a nommé un deuxième juge d'instruction.
La gendarmerie d'Issoire est joignable au 04 73 89 80 80. Antoine mesure 1,10 m pour 19 kg. Il est vêtu, selon sa mère, d'un pantalon bleu de type treillis, d'un T-shirt blanc, d'un pull bleu clair, d'une veste marron et de chaussures Nike rouge, noir et argent.

